Parce que le temps passe

Temps qui passeLe temps passe. Le temps passe vite. A une vitesse fulgurante cette année.
Nous sommes déjà fin mai. Bientôt l’été. Une terrible envie de chaleur, de soleil brûlant mais aussi d’eau fraîche.
Mais cette année, je fête la dernier âge de ma vingtaine. Dans un an j’ai donc trente ans. Je ne suis plus une jeune fille, mais une jeune femme. Merde, elle passe trop vite la vie. C’est pas toujours juste.
Je profite, certes, enfin je crois. Je n’ai pas vu passer le printemps. A droite, à gauche, toujours.
J’ai repris l’équitation, enfin,
juste une fois pour le moment. Tellement pas le temps, tellement peu de temps.
Marie s’est mariée. C’est passé tellement vite. C’est une Madame. Une vraie.
Y a des gens qui avancent, et y a des gens qui stagnent. J’ai parfois l’impression de faire partie de ceux-là. Parfois même de reculer. Vivre seule, ça n’a pas toujours des avantages. Ca t’empêche d’avancer dans beaucoup de choses, en fait. Et j’aborde même pas le sujet d’investir dans l’immobilier, et encore moins celui de fonder une famille.
Dans un an j’ai trente ans et pourtant j’ai l’impression d’en avoir toujours vingt. Puis, parfois je veux rester comme ça, ne pas avancer, me satisfaire de ce que j’ai aujourd’hui.
« Ca viendra tout seul », me dit-on.
Et pourtant, la vie suit son court. Ils vieillissent, ne me comprennent pas toujours, ne veulent pas que je vieillisse, moi aussi. Ces aléas de la vie à gérer seule, c’est dur parfois. Pourtant, être loin de ma famille me rend plus forte. Enfin je crois.
J’ai voulu partir il y a 5 ans. Aujourd’hui je n’ai pas envie de rentrer.
J’ignore où je serai en 2019. Un enfant, un mari, peut-être. Je ne sais pas. Je l’espère en fait.
Carpe diem.

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Du temps qui passe

Charles Baudelaire disait :

Horloge ! dieu sinistre, effrayant, impassible,
Dont le doigt nous menace et nous dit :  » Souviens-toi !
Les vibrantes Douleurs dans ton coeur plein d’effroi
Se planteront bientôt comme dans une cible,

Le plaisir vaporeux fuira vers l’horizon
Ainsi qu’une sylphide au fond de la coulisse ;
Chaque instant te dévore un morceau du délice
A chaque homme accordé pour toute sa saison.

Trois mille six cents fois par heure, la Seconde
Chuchote : Souviens-toi ! – Rapide, avec sa voix
D’insecte, Maintenant dit : Je suis Autrefois,
Et j’ai pompé ta vie avec ma trompe immonde !

Remember ! Souviens-toi, prodigue ! Esto memor !
(Mon gosier de métal parle toutes les langues.)
Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues
Qu’il ne faut pas lâcher sans en extraire l’or !

Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup ! c’est la loi.
Le jour décroît ; la nuit augmente, souviens-toi !
Le gouffre a toujours soif ; la clepsydre se vide.

Tantôt sonnera l’heure où le divin Hasard,
Où l’auguste Vertu, ton épouse encor vierge,
Où le repentir même (oh ! la dernière auberge !),
Où tout te dira : Meurs, vieux lâche ! il est trop tard !

Alphonse de Lamartine écrivait :

Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
Ne pourrons-nous jamais sur l’océan des âges
Jeter l’ancre un seul jour ?

Ô lac ! l’année à peine a fini sa carrière,
Et près des flots chéris qu’elle devait revoir,
Regarde ! je viens seul m’asseoir sur cette pierre
Où tu la vis s’asseoir !

Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes,
Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés,
Ainsi le vent jetait l’écume de tes ondes
Sur ses pieds adorés.

Un soir, t’en souvient-il ? nous voguions en silence ;
On n’entendait au loin, sur l’onde et sous les cieux,
Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
Tes flots harmonieux.

Tout à coup des accents inconnus à la terre
Du rivage charmé frappèrent les échos ;
Le flot fut attentif, et la voix qui m’est chère
Laissa tomber ces mots :

 » Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !

 » Assez de malheureux ici-bas vous implorent,
Coulez, coulez pour eux ;
Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;
Oubliez les heureux.

 » Mais je demande en vain quelques moments encore,
Le temps m’échappe et fuit ;
Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l’aurore
Va dissiper la nuit.

 » Aimons donc, aimons donc ! de l’heure fugitive,
Hâtons-nous, jouissons !
L’homme n’a point de port, le temps n’a point de rive ;
Il coule, et nous passons ! « 

Temps jaloux, se peut-il que ces moments d’ivresse,
Où l’amour à longs flots nous verse le bonheur,
S’envolent loin de nous de la même vitesse
Que les jours de malheur ?

Eh quoi ! n’en pourrons-nous fixer au moins la trace ?
Quoi ! passés pour jamais ! quoi ! tout entiers perdus !
Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,
Ne nous les rendra plus !

Éternité, néant, passé, sombres abîmes,
Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?
Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes
Que vous nous ravissez ?

Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure !
Vous, que le temps épargne ou qu’il peut rajeunir,
Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
Au moins le souvenir !

Qu’il soit dans ton repos, qu’il soit dans tes orages,
Beau lac, et dans l’aspect de tes riants coteaux,
Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages
Qui pendent sur tes eaux.

Qu’il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,
Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,
Dans l’astre au front d’argent qui blanchit ta surface
De ses molles clartés.

Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,
Que les parfums légers de ton air embaumé,
Que tout ce qu’on entend, l’on voit ou l’on respire,
Tout dise : Ils ont aimé !

Le temps file à une allure incertaine.
Parfois il me fait peur, il m’angoisse.

 

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