« Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée » j’ai lu, j’ai aimé, j’ai été choquée

moi christiane f 13 ans droguee prostitueeIl me semble que cela fait un bout de temps que je n’ai pas écrit sur un livre. Longtemps que je n’ai pas donné mon avis, partagé, critiqué. Un manque de temps que vous devez un peu ressentir.
La mise à jour du blog est toujours en cours, et j’espère l’achever à la rentrée.
Bref, cet été, avant mon voyage en Italie, j’ai lu « Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée » ; un peu à Paris, un peu chez mes parents, un peu au bord de la plage.
Il y a plus de quinze ans, j’avais déjà entendu parler de ce livre. Mais je n’avais pas pris le temps de le lire. Peut-être un peu trop jeune, peut-être pas l’opportunité.
Mais c’est lors d’un détour chez un bouquiniste que j’ai fini par l’acheter (Euh 8€ le livre de poche quand même !…).
« Moi, Christiane F., » ce n’est pas une autobiographie mais le témoignage d’une adolescente berlinoise de 15 ans qui narre la drogue et sa descente aux enfers. La découverte, le jeu, la séduction jusqu’à la dépendance.
Quand on a 13 ans, on veut faire comme les grands. Quand on a 13 ans, on a peur de rien. Mais surtout, quand on a 13 ans, on veut dépasser ses limites.
C’est entre la cité Gropius, le Sound et la Maison du Milieu (tenu par le pasteur Jürgen Quandt) que notre héroïne (sans jeu de mots, hein) voit son corps et son âme tomber entre les mains de l’Enfer.
Des connaissances, des proches et ses amis y passent les uns après les autres. A son tour, Christiane se prostitue. Vendre son corps pour satisfaire son corps, pour ressentir le plaisir, ressentir le plaisir de la drogue.
On ne parlera pas des multiples sevrages, des seringues et du sang qui gicle dans la salle de bain familiale.
Non, je n’ai pas lu un livre indécent, mais la parfaite description de la capitale berlinoise pendant les années 70.
Et pourtant, Christiane cherche à lutter. Retrouver le droit chemin, retrouver une vie saine, retrouver une vie normale… Et même si Detlev essaie aussi, cette envie n’est en fait que mirage.
On ne comptera pas sur l’aide des pouvoirs publics, totalement désemparés devant les dégâts causés par la drogue sur une jeunesse laissée à elle-même.
On admirera cependant le courage de cette mère aimante, même si troublée par la détresse d’une enfant jeune femme.

Dès que ma mère est partie au bureau, je vais me regarder dans la glace. Pour la première fois, je vois mon visage en crise de manque. Mes yeux ne sont plus que pupilles. Tout noirs et mornes. Effectivement sans aucune expression.

A 13 ans, on ne se drogue pas, à 13 ans on a des rêves d’enfant, à 13 ans on ignore tout du plaisir, du danger et de la mort.
« Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée », à lire, à relire, à méditer.

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