Pensées sur La Rafle

La Rafle

2,8 millions. 2,8 millions voire plus. 2,8 millions, c’est le nombre de spectateurs qui se sont rendus au cinéma pour assister à une projection de La Rafle. Moi aussi je l’ai vu. Je me souviens même que la salle de l’UGC était remplie. Des enfants, des couples, des personnes âgées. J’étais bien entourée dis donc. J’avais d’ailleurs rédigé un billet sur La Rafle pour vous faire part de mes impressions. J’avais été émue. Très touchée. Les larmes m’avaient envahies comme ce fut le cas pour de nombreux autres spectateurs. Heureusement, j’avais prévu quelques mouchoirs. La musique, les acteurs, l’histoire (une vraie), tout cela m’avait littéralement touché.

La Rafle du Vel’ d’Hiv. On ne m’en avait parlé ni au collège ni au lycée. Pas d’écho non plus à l’université. Un secret ? Un sujet tabou ? Je l’ignore. Mes proches non plus ne m’avaient jamais évoqué ce moment de l’histoire si atroce et douloureux. Une rafle, jusqu’à maintenant, j’imaginais à peu près ce que c’était. Voir La Rafle m’a ouvert les yeux sur ce sujet. Mais pas assez peut-être. J’avais appris des choses, certes, mais j’avais besoin de prendre du recul pour en savoir et en comprendre davantage. Alors, je me suis documentée sur Internet, je suis allée au Mémorial de la Shoah et au musée d’art et d’histoire du judaïsme pour en savoir plus sur ce peuple. J’étais fascinée.

Jusqu’à présent, je pensais que voir La Rafle une seule et unique fois serait suffisant. Film douloureux, avais-je pensé. Mais non, à sa sortie en DVD, j’ai eu un besoin irrépressible de l’acquérir. Ce fut rapidement chose faite. Je n’ai d’ailleurs pas hésité à acheter l’édition de luxe pour posséder les nombreux bonus. Ces derniers étaient composés d’un making-of sur le film et d’un reportage télévisé animé par Marie Drucker sur cette rafle du 16 juillet 1942. Principal invité : Jo Weismann, unique enfant rescapé, et qui est incarné par Hugo Leverdez dans le film de Roselyne Bosch.

Revoir La Rafle a été pour moi une manière d’apprendre de nouvelles choses sur le passé de la France. Collaboration de la SNCF et de la police française dans cette rafle qui a alors emportée avec elle plus de 10 000 juifs vers les camps de la mort.

La Rafle, telle fut la réalité

Malheureusement les faits narrés dans La Rafle ne sont pas de la fiction mais sont bel et bien issus de la réalité. Voir le film d’une telle histoire ne serait-pas outrageant ? Choquant ? Oui et non.

Oui car il est dérangeant de voir des êtres humains aller à la mort, regarder leur déchéance puis leur tragédie. Oui car c’est un sujet tabou, un moment de l’Histoire inacceptable mais dont il faut toutefois parler afin que les générations futures ne commettent pas les mêmes erreurs et acceptent leurs différences.

Et je dirais qu’il n’y a pas de mal à regarder un tel film, car comme je l’ai mentionné précédemment, nos enfants et futurs petits enfants doivent connaître leur passé ainsi que celui de la France. Ce qu’il faudra faire et ne plus faire. A ce sujet, je pense aux Roms dont certains journalistes ont émis un parallèle avec les déportations de la Seconde Guerre Mondiale. Je ferme la parenthèse.

La Rafle n’est n’est pas un film comme les autres. La Rafle, c’est un film d’histoire, et film où l’on doit s’émouvoir, où l’on doit réfléchir, où l’on doit penser à la personne qui est à côté de nous, qu’elle soit différente de nous ou pas. Mais d’ailleurs, quelle différence ? Stoppons cette pensée de différence. Nous sommes tous des êtres humains, fabriqués de la même manière mais avec des caractéristiques qui fait chacun de nous un être unique. Roselyne Bosch a-t-elle voulu pointer du doigt la différence dans son long-métrage ? A-t-elle voulu tirer la sonnette d’alarme pour nous ouvrir les yeux et montrer que ce fait passé pourrait ressurgir un jour ou l’autre ?

Que cela soit à la radio ou à la télévision j’attends des discours quasi-racistes qui me choquent. Même que souvent ça se passe à l’assemblée nationale. Je me sens mal. Je n’accepte pas cela dans mon pays.

Un manque de dialogue, de communication. Voici ce qui manque à chacun de nous.

Dans La Rafle, il y a…

La Rafle, ce n’est pas qu’un film. La Rafle c’est aussi une musique, une bande originale qui a bercé mon hiver, que j’ai écouté sans me lasser. Un piano, un violon, une Edith Piaf, un Charles Trénet qui m’ont fait verser de nombreuses larmes. La Rafle c’est aussi Mélanie Laurent, Jean Réno et Gad Elmaleh qui réussissent à redonner vie à ce moment si tragique de l’Histoire. Sans ces acteursle film aurait-il été réussi ? Oui, il y en aurait eu d’autres. Mais Mélanie Laurent incarne dans toute sa splendeur la jeune infirmière Annette qui va vivre l’atrocité de la rafle du Vel d’Hiv jusqu’à son dernier jour.

Un coup magistral au film, moi j’vous dis.

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3 Comments

  1. Mon père habitait juste à côté du vel’ d’hiv petit et si il n’a pas connu cette rafle (à 3 ans près), l’émotion, le traumatisme de ses parents lui ont été transmis à tel point que lui-même a du mal à m’en parler encore aujourd’hui.

    Ce fut une tragédie humaine pour tout les « raflés » mais aussi un choc pour tout ceux qui comme spectateurs quasi-impuissants (résistance plus facile dans la parole que dans les faits) on vu les évènements se produire …

    Il faut également se replacer dans un contexte de l’époque ou Pétain et le « gouvernement » se faisait un plaisir de participer à ces atrocités … et ou les français était loin de tous critiquer cela.

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